Vous avez payé (ou vous allez payer) des semelles orthopédiques et vous cherchez une réponse simple : combien la CPAM rembourse, ce que la mutuelle peut compléter et quels documents éviter d’oublier. On va faire ça proprement. Sans jargon inutile. Et avec des chiffres.
La Sécurité sociale rembourse les semelles orthopédiques (orthèses plantaires) à 60% d’une base fixée, et cette base dépend de la pointure. Exemple : au-dessus du 37, la base est de 28,86 € la paire, donc la CPAM rembourse 17,31 €. La mutuelle complète ensuite selon votre contrat (pourcentage de BRSS, forfait…).
Lexique utile (1 minute, mais ça change tout)
- BRSS : Base de remboursement de la Sécurité sociale (tarif de référence, souvent bien inférieur au prix payé).
- CPAM : votre caisse locale. Quand on dit “remboursement CPAM”, on parle du remboursement Assurance Maladie.
- LPP / LPPR : liste officielle des produits et prestations remboursables (où figurent les orthèses plantaires).
Ce qui est remboursé (et ce qui ne l’est pas)
Sur ameli, les semelles orthopédiques sont décrites comme des orthèses plantaires sur mesure à visée de correction. Traduction : on est loin de la semelle achetée vite fait en magasin “pour être plus confortable”.

Remboursé : les orthèses plantaires sur mesure, dans le cadre prévu
Pour être prises en charge, les semelles doivent correspondre à une orthèse plantaire remboursable, destinée par exemple à corriger un déséquilibre, soulager des appuis douloureux ou compenser certaines anomalies (dans les limites fixées).
Souvent refusé : les cas qui reviennent le plus
- Les semelles fabriquées en série (produit standard, parfois vendu comme “semelles de confort”).
- Les semelles dites proprioceptives (à action ascendante, par stimulation magnétique) : elles sont exclues de la prise en charge.
- Les talonnettes destinées uniquement à corriger une inégalité de longueur d’un membre inférieur.
Taux et base de remboursement : combien la CPAM rembourse
La règle générale (régime général) est claire : remboursement à 60% de la base. Et la base dépend de la pointure. Si votre paire coûte 120 € ou 160 €, la base, elle, reste identique.
Base de remboursement des semelles orthopédiques (BRSS) selon la pointure
| Pointure | Base par semelle | Base par paire | Remboursement CPAM (60%) |
|---|---|---|---|
| Au-dessous du 28 | 12,94 € | 25,88 € | 15,53 € |
| Du 28 au 37 | 14,02 € | 28,04 € | 16,82 € |
| Au-dessus du 37 | 14,43 € | 28,86 € | 17,31 € |
Exemple direct : pointure 38 → base 28,86 € la paire → remboursement CPAM = 28,86 × 60% = 17,31 €.
Combien de paires par an ?
Là aussi, c’est cadré : 1 paire par an à partir de 16 ans. Avant 16 ans : 1 paire tous les 6 mois. Si vous dépassez, le remboursement peut être refusé (sauf situation particulière).
Ordonnance : qui peut prescrire et qui peut réaliser les semelles ?
On croit souvent que seul un médecin peut prescrire. Ce n’est plus aussi strict : un pédicure-podologue peut prescrire des orthèses plantaires (sauf avis contraire du médecin traitant). Pratique quand on veut éviter un rendez-vous “juste pour une ordonnance”.

Qui peut prescrire ?
- Tout médecin : oui.
- Pédicure-podologue : oui (sauf opposition du médecin traitant).
Renouvellement : une adaptation peut être possible
En renouvellement, certains professionnels (orthopédistes-orthésistes, orthoprothésistes, podo-orthésistes) peuvent adapter la prescription initiale d’orthèses plantaires datant de moins de 3 ans, dans un cadre réglementé.
Qui peut réaliser les semelles ?
Les semelles orthopédiques (orthèses plantaires) peuvent être réalisées par des professionnels habilités (pédicures-podologues, podo-orthésistes, orthoprothésistes, orthopédistes-orthésistes).
Mini-checklist avant de repartir du cabinet
- Ordonnance datée, avec une mention claire d’orthèses plantaires / semelles orthopédiques.
- Devis prévu (ou demandé) avant la réalisation.
- Si enfant : vérifier la fréquence (1 paire / 6 mois) et éviter d’être “hors délai”.
Mutuelle : comment se calcule le complément (sans se tromper)
Si vous voyez un remboursement CPAM autour de 16–17 €, ne paniquez pas : c’est normal, vu la base. Ensuite, la vraie question devient : comment votre mutuelle complète.
Décodeur express : % BRSS vs forfait vs frais réels
| Comment c’est écrit | Ce que ça veut dire (en pratique) | Le piège classique |
|---|---|---|
| 200% BRSS | Plafond total = 2 × BRSS (Sécu incluse). | On s’attend à “200% du prix”, mais c’est 200% d’une base très faible. |
| Forfait 100 €/an | Plafond en euros, souvent annuel, par bénéficiaire. | Le forfait peut être partagé avec d’autres lignes (orthopédie/petit appareillage). |
| Frais réels (rare) | Remboursement au prix payé, mais souvent avec limite et conditions. | La mention “frais réels” n’est pas toujours “illimitée”. |
Exemple chiffré (facile à reproduire)
Paire facturée 120 €, pointure 40 → BRSS 28,86 € → CPAM 17,31 €.
- Mutuelle à 200% BRSS : plafond total = 57,72 € (2 × 28,86). Mutuelle ≈ 40,41 € en complément. Reste ≈ 62,28 €.
- Mutuelle avec forfait 100 €/an : complément jusqu’au plafond (selon règles du contrat). Reste ≈ 2,69 € si le forfait est bien dédié à ce poste.
Démarches : le parcours simple (devis, facture, transmission)
Ici, on ne cherche pas à être parfait. On cherche à éviter les blocages évidents. Et ça se résume à trois étapes.

Étape 1 — Avant de payer : demandez un devis détaillé
Le professionnel doit établir un devis détaillé indiquant le prix global et le montant du remboursement attendu. C’est la base. Si vous devez contester ou compléter un dossier, ce document vous protège.
Étape 2 — Après la réalisation : gardez (vraiment) les bons documents
- La prescription (ordonnance).
- Le devis (même si vous ne l’avez pas transmis).
- La facture acquittée (libellé clair + date + montant).
Étape 3 — Transmission : automatique… ou parfois manuelle
Selon le circuit de facturation, la transmission peut être automatique. Si rien ne remonte dans vos remboursements, ne perdez pas des semaines : envoyez la facture + l’ordonnance à la CPAM,
puis transmettez le décompte à la mutuelle (souvent via l’espace client).
Les 4 causes de refus les plus fréquentes
- Pas d’ordonnance, ou ordonnance trop vague.
- Dispositif hors cadre (série, “confort”, etc.).
- Fréquence dépassée (ex : 2e paire dans l’année après 16 ans).
- Facture imprécise / libellé non conforme.
Semelles sans prescription : est-ce remboursé ?
Si on parle d’orthèses plantaires remboursables, la prescription fait partie du cadre. Donc sans ordonnance, la prise en charge est généralement compromise (CPAM et souvent mutuelle).
Déjà payé ? Ce que vous pouvez tenter (sans faux espoir)
- Si votre situation le justifie, demander une prescription conforme (médecin ou podologue prescripteur).
- Obtenir une facture détaillée (libellé clair, nature du dispositif).
- Déposer ensuite un dossier complet (CPAM, puis mutuelle avec le décompte).
Pour éviter la déception, sécurisez toujours prescription + devis avant.
Cas particuliers : enfant, ALD, régime local
Trois situations reviennent tout le temps dans les questions : l’enfant, l’ALD, et le régime local Alsace-Moselle. Le point commun ? Même quand le taux monte, la base reste limitée.
Enfant : pas avant qu’il sache marcher
L’orthèse plantaire ne peut pas être délivrée chez l’enfant avant l’acquisition de la marche. Ensuite, la fréquence est plus favorable : 1 paire tous les 6 mois avant 16 ans.
ALD : “100%” ne veut pas dire “100% du prix”
Si les semelles sont prescrites dans le cadre des soins liés à l’ALD, le remboursement peut être à 100% de la part remboursable. Mais les dépassements et le prix au-dessus de la base peuvent rester à charge (ou être pris par la mutuelle selon contrat).
Régime local Alsace-Moselle : vérifier sur le décompte
Le régime local complète le régime général sur de nombreux postes. Pour les semelles, le moyen le plus sûr de ne pas se tromper est simple : regarder votre décompte (base + taux + montant) ou interroger votre caisse.
FAQ : vos questions sur le remboursement des semelles orthopédiques
Quel est le taux de remboursement des semelles orthopédiques ?
En règle générale (régime général), la CPAM rembourse 60% de la base de remboursement, qui dépend de la pointure.
Quel est le montant remboursé pour une pointure 38 / 40 ?
Au-dessus du 37, la base est 28,86 € la paire. Le remboursement CPAM à 60% est donc 17,31 €.
Combien de paires sont remboursées par an ?
À partir de 16 ans : 1 paire par an. Avant 16 ans : 1 paire tous les 6 mois.
Dois-je obligatoirement passer par mon médecin pour l’ordonnance ?
Pas forcément : un pédicure-podologue peut prescrire des orthèses plantaires, sauf avis contraire du médecin traitant.
Est-ce que la mutuelle rembourse toujours le reste ?
Non. Tout dépend du contrat : % BRSS, forfait annuel, ou frais réels plafonnés. Vérifiez la ligne “orthopédie / petit appareillage”.
Pourquoi mon remboursement est-il faible alors que j’ai payé 130 € ?
Parce que la CPAM calcule sur une base fixe (BRSS) bien plus basse que le prix facturé. Le complément dépend surtout de la mutuelle.
Sans ordonnance, ai-je une chance d’être remboursé ?
Sans prescription, la prise en charge est généralement compromise. Si vous avez déjà payé, tentez de régulariser avec ordonnance + facture détaillée.
Et si je suis au régime local Alsace-Moselle ?
Le plus fiable est de vérifier le taux appliqué sur votre décompte (base + montant) ou de demander confirmation à votre caisse.


