CCAM : Comprendre le code de vos actes médicaux et votre remboursement
Un relevé de remboursement sur votre compte ameli, une facture de clinique, un devis remis par un chirurgien : à un moment ou à un autre, une suite de sept caractères du type DEQP003 finit par apparaître sous vos yeux. Ce code n’a rien d’administratif au sens anodin du terme. C’est lui qui fixe le tarif de l’acte, détermine la base sur laquelle l’Assurance Maladie calcule son remboursement, et conditionne donc très directement la somme que vous allez payer.
Ce code appartient à la CCAM, la Classification Commune des Actes Médicaux. Elle est utilisée quotidiennement par les médecins, les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes pour facturer leurs actes techniques, et par les mutuelles pour calculer leur part. Savoir la lire vous permet de vérifier une facture, de contester une cotation douteuse et surtout d’anticiper votre reste à charge avant une intervention plutôt que de le découvrir après.

CCAM : définition de la Classification Commune des Actes Médicaux
La Classification Commune des Actes Médicaux est la nomenclature officielle française qui recense, décrit et code l’ensemble des actes techniques réalisés par les médecins, les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes. Chaque acte y est identifié par un code alphanumérique unique, associé à un libellé précis et, pour l’exercice libéral, à un tarif opposable.
Elle est gérée par l’UNCAM (Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie), qui publie ses évolutions par décisions parues au Journal officiel. Elle a succédé à deux référentiels antérieurs : le catalogue des actes médicaux (CdAM) en milieu hospitalier, et la Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP) pour les actes techniques en secteur libéral. Sa mise en œuvre s’est faite en deux temps : d’abord dans le cadre du PMSI hospitalier au début des années 2000, puis en médecine de ville à partir de la décision de l’UNCAM du 11 mars 2005.
À quoi sert concrètement la CCAM dans votre remboursement
Un acte médical technique n’est remboursable que s’il figure dans la CCAM. Le code attribué remplit ensuite plusieurs fonctions qui vous concernent directement :
- Il fixe le tarif opposable de l’acte, c’est-à-dire le montant que le praticien conventionné peut facturer.
- Il détermine la base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS) sur laquelle s’applique ensuite le taux de prise en charge.
- Il identifie les actes dits « lourds », dont le tarif atteint ou dépasse 120 €, soumis à une participation forfaitaire spécifique.
- Il sert de base au calcul de la part complémentaire versée par votre mutuelle.
- Il alimente la tarification des séjours hospitaliers dans le cadre de la tarification à l’activité (T2A).
CCAM tarifante et CCAM descriptive : deux versions à ne pas confondre
C’est une distinction que la plupart des articles grand public passent sous silence, et qui explique pourtant beaucoup de confusions. Il existe en réalité deux déclinaisons de la CCAM, gérées par deux organismes différents et destinées à deux usages distincts.
| Critère | CCAM tarifante | CCAM descriptive |
|---|---|---|
| Organisme gestionnaire | UNCAM / Assurance Maladie | ATIH (Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation) |
| Usage principal | Facturation en médecine libérale et actes externes hospitaliers | Description de l’activité hospitalière, PMSI et T2A |
| Contenu | Codes, libellés et tarifs opposables | Codes et libellés, sans tarification |
| Où la consulter | Site CCAM de l’Assurance Maladie (ameli.fr) | atih.sante.fr |
Si vous cherchez le tarif d’un acte pour estimer votre remboursement, c’est la version tarifante publiée par l’Assurance Maladie qui fait foi. La version descriptive de l’ATIH, identifiée par un numéro de version régulièrement incrémenté, sert avant tout aux établissements de santé et aux techniciens de l’information médicale.
CCAM, NGAP, NABM, LPP : quelle nomenclature pour quel acte
La CCAM ne couvre pas tout. Quatre nomenclatures coexistent en France, et chacune s’applique à une catégorie de prestations bien délimitée. Repérer laquelle s’applique à votre situation évite bien des malentendus sur le montant remboursé.
| Nomenclature | Ce qu’elle couvre | Exemples |
|---|---|---|
| CCAM | Actes techniques des médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes | Chirurgie, imagerie, endoscopie, électrocardiogramme, soins dentaires |
| NGAP | Actes cliniques et actes des auxiliaires médicaux | Consultations, visites, séances de kinésithérapie, soins infirmiers |
| NABM | Actes de biologie médicale | Analyses de sang, prélèvements de laboratoire |
| LPP | Dispositifs médicaux et produits inscrits sur la liste des produits et prestations | Orthèses, prothèses externes, fauteuils roulants, pansements |
Un exemple concret de cette frontière : une séance de drainage lymphatique réalisée par un kinésithérapeute relève de la NGAP, pas de la CCAM. À l’inverse, une paire de semelles orthopédiques relève de la LPP. Chercher un code CCAM pour ces prestations est donc voué à l’échec.
Comment lire un code CCAM : la structure des 4 lettres et 3 chiffres
Un code acte CCAM compte toujours sept caractères : quatre lettres suivies de trois chiffres. Cette construction n’est pas arbitraire, elle suit une logique hiérarchique qui va du général au particulier.
| Position | Ce que le caractère encode |
|---|---|
| 1re lettre | Le grand appareil anatomique concerné (système nerveux, œil, oreille, appareil circulatoire, appareil respiratoire, appareil digestif…) |
| 2e lettre | L’organe ou la fonction précise au sein de cet appareil |
| 3e lettre | Le type d’action réalisée : exérèse, exploration, réparation, reconstruction, surveillance… |
| 4e lettre | La voie d’abord ou la technique employée : voie transcutanée, abord direct, endoscopie, absence d’abord… |
| 3 chiffres | Un numéro d’ordre qui distingue les actes partageant les quatre mêmes lettres |
Prenons le code DEQP003 : il désigne l’électrocardiographie sur au moins douze dérivations. Les trois chiffres finaux font toute la différence, puisque des codes voisins comme DEQP004 ou DEQP005 correspondent à des actes distincts, avec des tarifs et des conditions de réalisation propres.
Une précaution utile : ne tentez pas de décoder vous-même la signification des quatre lettres pour deviner de quel acte il s’agit. La terminologie employée suit la nomenclature anatomique internationale, où la rotule devient la patelle et l’astragale le talus. Seule la fiche officielle de l’acte, consultable sur le site de l’Assurance Maladie, donne le libellé exact.
Code activité, code phase, code association : les compléments du code acte
Le code à sept caractères ne circule jamais seul. Sur une feuille de soins ou une facture, il est accompagné de codes complémentaires qui précisent les conditions de réalisation.
- Le code activité (valeurs de 1 à 5) identifie chaque intervenant lorsqu’un acte mobilise plusieurs professionnels : l’opérateur principal, l’anesthésiste, l’aide opératoire. Un même acte peut ainsi générer plusieurs lignes de facturation, chacune correspondant à un praticien.
- Le code phase de traitement distingue les étapes successives d’un même acte réalisé en plusieurs temps. Lorsque l’acte est effectué en une seule fois — la situation la plus courante — sa valeur est 0.
- Le code association intervient lorsque plusieurs actes sont réalisés au cours de la même séance. Il indique la règle de tarification à appliquer.
Où trouver un code CCAM et son tarif ?
Plusieurs ressources permettent de rechercher un code, mais elles ne se valent pas et ne s’adressent pas au même public.

Consulter la CCAM en ligne sur le site de l’Assurance Maladie
L’Assurance Maladie met à disposition un site dédié à la CCAM, accessible gratuitement et sans compte. C’est la référence : c’est la seule source qui associe à chaque code le tarif opposable en vigueur, les modificateurs autorisés et les notes de facturation applicables.
La recherche s’y effectue de trois façons : par code, par mot-clé du libellé, ou en parcourant l’arborescence par chapitre anatomique. Si vous partez d’un code lu sur un décompte, la recherche par code est la plus directe. Si vous partez d’un acte annoncé oralement par votre médecin, tapez le mot-clé principal — « arthroscopie », « coloscopie », « échographie » — puis affinez.
Télécharger la CCAM en PDF ou en Excel
Pour les professionnels qui souhaitent disposer de la nomenclature hors ligne, une version « CCAM à imprimer » est proposée en téléchargement aux formats PDF et Excel, version par version. C’est un document volumineux : il recense plusieurs milliers d’actes. Pour un particulier cherchant à comprendre un seul code, la consultation en ligne reste bien plus efficace.
Les établissements de santé et les techniciens de l’information médicale se tournent plutôt vers la CCAM descriptive publiée par l’ATIH, disponible dans des formats exploitables par les logiciels de facturation hospitalière.
Retrouver le code CCAM sur votre feuille de soins ou votre décompte
Le code apparaît à plusieurs endroits selon la nature du document :
- Sur une feuille de soins papier, le code acte figure dans la colonne dédiée aux actes techniques, suivi du code activité puis, le cas échéant, des modificateurs et du code association. Si vous devez transmettre ce document, notre guide explique où envoyer une feuille de soins à la CPAM.
- Sur votre décompte ameli, rubrique « Mes paiements », chaque ligne d’acte technique mentionne le code, la base de remboursement retenue, le taux appliqué et le montant versé.
- Sur un devis, le praticien doit faire figurer le code de chaque acte projeté ainsi que son tarif. C’est ce document qui permet à votre mutuelle de chiffrer sa prise en charge à l’avance.
Tarif d’un acte CCAM : pourquoi le montant facturé dépasse souvent le tarif affiché
C’est la source d’incompréhension la plus fréquente. Vous consultez la fiche d’un acte, vous relevez un tarif, puis vous recevez une facture nettement supérieure. Trois mécanismes distincts expliquent cet écart, et il est essentiel de ne pas les confondre.
Le tarif affiché est un tarif hors modificateurs
Le montant indiqué sur la fiche d’un acte correspond au tarif de base, sans aucune majoration. Or de nombreux actes ouvrent droit à des modificateurs qui viennent s’y ajouter, parfois pour un montant significatif. Un acte de petite chirurgie réalisé au cabinet peut ainsi voir son tarif plus que doubler une fois les modificateurs applicables intégrés. Le montant réellement facturé est donc parfaitement légitime, même s’il ne correspond pas au chiffre relevé sur la fiche.
Les tarifs CCAM diffèrent selon l’adhésion du médecin à l’OPTAM
Pour un même acte technique, deux bases tarifaires coexistent. Les praticiens de secteur 1 et ceux ayant adhéré à l’Option Pratique Tarifaire Maîtrisée (OPTAM) bénéficient de la base pleine. Les médecins de secteur 2 non adhérents se voient appliquer une base de remboursement inférieure, à laquelle s’ajoutent leurs dépassements d’honoraires, libres par définition.
La conséquence est double et joue toujours dans le même sens : chez un praticien non-OPTAM, vous êtes remboursé sur une base plus basse, et vous supportez en plus un dépassement. Sur un acte chirurgical facturé plusieurs milliers d’euros, l’écart de reste à charge entre les deux situations se compte facilement en centaines d’euros.
Les modificateurs CCAM qui majorent le tarif d’un acte
Un modificateur est une information codée qui signale une condition particulière de réalisation de l’acte et déclenche une majoration tarifaire. Quatre modificateurs au maximum peuvent être codés sur un même acte. Chacun ne s’applique qu’à une liste limitative d’actes, définie acte par acte dans la nomenclature.
| Modificateur | Condition de réalisation |
|---|---|
| U, P, S, F | Modificateurs d’urgence. Ils couvrent la réalisation d’un acte non programmé selon la plage horaire concernée (nuit profonde, soirée, dimanche ou jour férié) et selon la spécialité du praticien. Ces quatre codes sont exclusifs les uns des autres et ne peuvent être facturés qu’une seule fois par intervenant. |
| A | Anesthésie réalisée par un médecin anesthésiste-réanimateur chez un patient de moins de 4 ans ou de plus de 80 ans. |
| J, K | Majorations réservées aux chirurgiens et aux gynécologues-obstétriciens exerçant en secteur à honoraires opposables ou adhérents au dispositif de maîtrise tarifaire, sur les actes de chirurgie et d’accouchement. |
| M | Majoration applicable à une liste limitative d’actes de petite chirurgie réalisés au cabinet, notamment au titre du matériel à usage unique. |
| L | Prise en charge d’une fracture ou d’une luxation ouverte. |
| O, I, X, 9 | Modificateurs dits de convergence tarifaire. Ils revalorisent des actes dont le tarif historique était inférieur au niveau résultant des méthodes de hiérarchisation, et s’appliquent en pourcentage du tarif. |
Cette liste n’est pas exhaustive et la nomenclature évolue. Avant de contester une facture au motif d’un modificateur, vérifiez sur la fiche officielle de l’acte quels modificateurs y sont explicitement autorisés : c’est la seule référence opposable.
Association de deux actes : la règle des 100 % et 50 %
Lorsque deux actes techniques sont réalisés au cours de la même séance et qu’aucun code unique ne décrit déjà leur association, une règle de tarification dégressive s’applique : l’acte au tarif le plus élevé est facturé à 100 %, le second à 50 %. En principe, deux actes au plus peuvent être tarifés dans une même séance.
Certaines associations fréquentes disposent en revanche d’un code unique qui les englobe. Une amygdalectomie avec adénoïdectomie, par exemple, ne se code pas comme deux actes distincts mais par un code spécifique couvrant l’ensemble de l’intervention. C’est l’une des raisons pour lesquelles une facture peut comporter moins de lignes que d’actes réellement pratiqués, sans qu’il y ait la moindre anomalie.
Remboursement d’un acte CCAM : ce qui reste réellement à votre charge
Connaître le tarif d’un acte ne dit rien de ce que vous paierez. Entre le tarif et votre portefeuille s’intercalent le taux de remboursement de la Sécurité sociale, les participations forfaitaires non remboursables et le niveau de garantie de votre contrat complémentaire.
Le taux de remboursement appliqué au tarif CCAM
Les actes techniques médicaux sont majoritairement remboursés à hauteur de 70 % de la base de remboursement. Certaines catégories relèvent d’un taux de 60 %, notamment les actes de radiologie et les soins dentaires conventionnés. La part non remboursée constitue le ticket modérateur, que votre mutuelle prend en charge dans le cadre d’un contrat responsable.
Point de vigilance : ce taux s’applique toujours à la base de remboursement, jamais au montant facturé. Si un chirurgien de secteur 2 facture un acte 1 800 € pour une base de 400 €, la Sécurité sociale rembourse 70 % de 400 €, pas de 1 800 €.
Actes lourds au-delà de 120 € : la participation forfaitaire
Les actes dont le tarif atteint ou dépasse 120 € obéissent à un régime particulier. Le ticket modérateur proportionnel y est remplacé par une participation forfaitaire fixe, dont le montant a été relevé à 32 € au 1er avril 2026. Cette participation s’applique quel que soit le coût final de l’acte : elle est identique sur une intervention à 400 € et sur une intervention à 4 000 €.
Elle est généralement prise en charge par les mutuelles dans le cadre d’un contrat responsable. Les patients en affection de longue durée peuvent en être exonérés lorsque l’acte est en rapport direct avec la pathologie reconnue, mais cette exonération n’est pas systématique.
Du tarif CCAM au reste à charge : un exemple chiffré
Prenons une intervention chirurgicale dont la base de remboursement s’établit à 400 €, réalisée par un chirurgien de secteur 2 qui facture 1 200 €.
- Tarif facturé : 1 200 €
- Base de remboursement retenue : 400 €
- L’acte dépassant 120 €, la participation forfaitaire de 32 € se substitue au ticket modérateur : la Sécurité sociale verse 368 €
- Dépassement d’honoraires : 1 200 € − 400 € = 800 €
- Avec une garantie à 200 % de la base chez un praticien OPTAM, la mutuelle couvre jusqu’à 400 € de dépassement, plus la participation forfaitaire
- Reste à charge : environ 400 € — mais il grimperait à 800 € avec une garantie limitée à 100 % de la base
Cet écart de plusieurs centaines d’euros ne dépend ni du code CCAM, ni du chirurgien : il dépend exclusivement de votre contrat. C’est la raison pour laquelle la lecture attentive de votre tableau de garanties, poste par poste, précède utilement toute intervention programmée. Notre guide dédié détaille les leviers pour calculer et réduire son reste à charge en santé.
Actes hors nomenclature : quand aucun code CCAM n’existe
Tous les soins ne figurent pas dans la nomenclature. Lorsqu’un acte n’a pas de code CCAM — et donc pas de base de remboursement attribuée — il est qualifié d’acte « hors nomenclature ». Aucune prise en charge de l’Assurance Maladie n’est alors possible, quel que soit le motif médical.
Le coût repose intégralement sur le patient, sauf si sa complémentaire santé prévoit un forfait spécifique. Certains contrats haut de gamme intègrent des enveloppes dédiées aux médecines douces ou à des actes non remboursables. C’est un point à vérifier explicitement dans le tableau de garanties, car il ne se déduit d’aucun pourcentage de base de remboursement.
Code CCAM et chirurgie : lire un devis avant une intervention
C’est dans le contexte chirurgical que la maîtrise du code CCAM produit le plus d’effet, parce que les montants en jeu y sont les plus élevés et que vous disposez de temps pour agir.
Les mentions que doit comporter votre devis
Dès lors que le montant des honoraires est susceptible de dépasser 70 €, le praticien est tenu de vous remettre une information écrite préalable. Ce document doit mentionner, pour chaque acte projeté : le code CCAM, le tarif de base opposable, le montant total des honoraires demandés et donc le dépassement pratiqué.
Vérifiez ces trois éléments avant toute signature. Un devis qui affiche un montant global sans détail par acte ne vous permet ni de comparer, ni de faire chiffrer votre prise en charge.
Faire chiffrer sa prise en charge par sa mutuelle avant l’opération
Transmettez systématiquement le devis à votre complémentaire santé et demandez une simulation écrite de prise en charge. La plupart des mutuelles répondent sous quelques jours et vous indiquent le montant exact qu’elles verseront, acte par acte.
Cette démarche a un second bénéfice : elle vous permet de savoir si le tiers payant sera applicable et sur quelle part. En clinique privée, l’articulation entre part Sécu, part mutuelle et dépassements passe souvent par une plateforme de gestion comme Almerys, dont l’accord préalable conditionne l’absence d’avance de frais.
Le même réflexe vaut en dentaire, où les écarts sont considérables entre le panier 100 % Santé et les actes à honoraires libres. Notre guide sur le remboursement de l’implant dentaire et des prothèses détaille cette mécanique.
Codage et cotation CCAM : les règles côté professionnels de santé
Pour un praticien, la cotation consiste à sélectionner le code correspondant exactement à l’acte réalisé, puis à y adjoindre les codes activité, phase, association et modificateurs pertinents. L’exercice est loin d’être anodin : une cotation erronée expose à un rejet de facturation par l’Assurance Maladie, voire à une récupération d’indus en cas de contrôle.
Les outils d’aide au codage CCAM
Plusieurs ressources facilitent ce travail au quotidien : le moteur de recherche officiel de l’Assurance Maladie, qui reste la seule source opposable ; les modules d’aide au codage intégrés aux logiciels métier ; les référentiels de cotation internes dont se dotent les établissements de santé ; et des sites spécialisés qui permettent une recherche par code partiel avec caractères joker.
Quelle que soit l’aide utilisée, un principe demeure : la version de la nomenclature doit être à jour. Les outils tiers accusent régulièrement plusieurs mois de retard sur les décisions UNCAM, ce qui suffit à générer un rejet.
Une refonte de la CCAM toujours attendue
La structure actuelle de la classification date de 2005. Les pratiques médicales ayant considérablement évolué depuis, la convention médicale 2024-2029 prévoyait une refonte pilotée par le Haut conseil des nomenclatures, avec un aboutissement initialement fixé à 2025. Les travaux se poursuivent, et le calendrier a glissé. Cette réforme est suivie de près par les syndicats médicaux, car elle conditionne la revalorisation d’un grand nombre d’actes techniques.
Contester un code CCAM ou un remboursement
Si le montant remboursé vous paraît anormalement faible ou si un acte facturé ne correspond pas à ce que vous avez subi, la démarche se déroule en trois étapes.
- Vérifiez d’abord le code sur la fiche officielle. Comparez le libellé exact de l’acte codé avec ce qui a été réalisé. Une lettre d’écart change l’acte.
- Interrogez le praticien ou son secrétariat. La très grande majorité des écarts s’expliquent par un modificateur légitime ou par une association d’actes. Un échange suffit souvent à lever le doute.
- Saisissez votre CPAM par la messagerie de votre compte ameli si le doute persiste, en joignant la facture. En parallèle, contactez votre mutuelle si c’est sa part qui vous semble insuffisante : le litige porte alors sur le niveau de garantie, pas sur la cotation.
Conservez vos feuilles de soins et vos factures au moins six mois. En cas de désaccord sur une base de remboursement, ce sont ces documents qui établissent le statut conventionnel appliqué le jour de l’acte.
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